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Combien de voitures en circulation en France

Le nombre de voitures en France est de 40,0 millions selon le SDES, quand le fichier des cartes grises en recense 52 millions. Ce que compte chaque chiffre, la composition du parc par motorisation, et le nombre de voitures par ménage.

Fabien Mauduit Publié le 15 août 2026 8 min de lecture

Voitures garées en épi le long d'une rue de lotissement, tôles serrées les unes contre les autres.

Pendant des années, j’ai répondu 32 millions. Je recopiais un chiffre officiel sans le regarder, et il était faux d’un bon quart : la France compte 40,0 millions de voitures particulières en circulation, d’après le service statistique du ministère de la Transition écologique. La source était bonne, sa méthode ne l’était plus. Elle arrêtait le comptage aux véhicules de moins de quinze ans, et les voitures plus vieilles sortaient des tableaux sans sortir des routes.

Depuis que le SDES croise les cartes grises avec les procès-verbaux de contrôle technique, le nombre de voitures en France a changé de taille du jour au lendemain.

  • 40,0 millions de voitures particulières roulent en France, soit une pour 1,7 habitant
  • 52 millions de voitures figurent au fichier des immatriculations
  • 11,8 ans d’âge moyen, et 20,0 ans à la casse
  • 46,1 % du parc roule au diesel seul, contre 40,0 % à l’essence seule
  • 3,5 % des voitures sont électriques, 2,0 % hybrides rechargeables
  • 81,2 % des ménages disposent d’au moins une voiture, 34,4 % en ont deux ou plus
  • 11 600 km parcourus en moyenne par voiture sur douze mois
  • À côté d’elles roulent 6,6 millions d’utilitaires légers, 616 200 poids lourds et 95 000 bus et cars

Treize millions de voitures figurent au fichier des cartes grises sans rouler

Le fichier des immatriculations recense environ 52 millions de voitures. C’est le nombre de certificats jamais radiés, pas le nombre de voitures qui roulent : entre les deux, AAA Data a identifié quelque 13 millions de véhicules fantômes, oubliés dans une grange, revendus à l’étranger sans formalité, ou broyés par une casse qui n’a pas remonté l’avis de destruction.

Une carte grise ne s’éteint jamais toute seule. Le SDES a donc cherché une preuve de vie ailleurs, et l’a trouvée dans le contrôle technique : une voiture n’est comptée dans le parc que si elle a passé sa visite, ou l’a passée avec un retard statistiquement plausible, fixé à 18 mois pour le premier contrôle et 12 mois pour les suivants. Le résultat corrige surtout le haut de la pyramide des âges. Les voitures trop anciennes pour recevoir une vignette Crit’Air pèsent 20 % du fichier brut, et 4 % seulement du parc réellement en circulation.

Un fichier d’immatriculations compte des certificats ; un parc compte des voitures.

Le diesel est passé sous la moitié du parc

Le gazole reste la première motorisation, mais il ne domine plus : 46,1 % des voitures en circulation sont des diesels sans assistance électrique, et 40,0 % des essences pures. À elles deux, ces motorisations strictement thermiques font 86,1 % du parc.

MotorisationPart du parcVoitures
Diesel seul46,1 %18,4 millions
Essence seule40,0 %16,0 millions
Hybride non rechargeable7,4 %3,0 millions
Électrique3,5 %1,4 million
Hybride rechargeable2,0 %0,8 million
Bicarburation essence-GPL1,0 %0,4 million

Deux répartitions du même parc coexistent dans les publications du SDES, et elles ne se ressemblent pas. Classées par carburant versé au réservoir, hybrides comprises, les essences montent à 46,9 % et les diesels à 46,6 %, soit 93,5 % du parc au lieu de 86,1 %. Tout l’écart tient aux hybrides non rechargeables, dont 7,0 % à essence, rangées à part ici et dans leur carburant là.

Côté vignettes, les Crit’Air 1 dominent avec 38,0 % du parc, devant les Crit’Air 2 à 34,2 %. Sous vignette 3 ou au-delà, les cibles des zones à faibles émissions pèsent 24,3 %.

Un ménage sur cinq n’a pas de voiture, et deux sur trois à Paris

Les 40,0 millions de voitures ne se partagent pas entre les seuls particuliers : 8,4 % appartiennent à des professionnels, ce qui laisse environ 36,6 millions de voitures aux ménages. Rapportées aux 31,7 millions de résidences principales du pays, elles font 1,15 voiture par ménage.

La moyenne ne veut à peu près rien dire, tant l’écart territorial est brutal. Le recensement mesure 81,2 % de ménages équipés à l’échelle nationale, mais 94,2 % dans les communes rurales périurbaines et 67,7 % dans les communes urbaines denses.

TerritoireMénages équipésDeux voitures ou plus
Vendée92,3 %45,0 %
Ain91,4 %47,3 %
France métropolitaine81,4 %34,7 %
Île-de-France64,8 %20,7 %
Seine-Saint-Denis60,6 %14,8 %
Paris31,8 %3,8 %

Un ménage de l’Ain a douze fois plus de chances qu’un ménage parisien de posséder deux voitures. La composition du foyer pèse aussi lourd que la géographie : 94,9 % des couples avec enfant sont motorisés, contre 66,2 % des personnes seules.


Plus d’une voiture sur deux a passé le cap des dix ans

L’âge moyen d’une voiture en circulation atteint 11,8 ans et progresse d’année en année. Derrière cette moyenne, 21,6 millions de voitures ont plus de dix ans, soit 54 % du parc. En Allemagne, la proportion tombe à 47 %.

Ce vieillissement se lit aussi à la sortie. Une voiture cédée pour destruction a 20,0 ans en moyenne, contre 19,6 ans quelques années plus tôt : 19,4 ans pour un diesel, 21,5 ans pour une essence. Le compteur relevé au dernier contrôle technique explique l’écart, puisqu’un diesel affiche 239 000 km en partant à la casse et une essence 162 000 km, pour une moyenne de 212 000 km. Un diesel finit donc plus jeune, avec 77 000 km de plus au compteur. C’est ce parc-là dont l’âge moyen sert de thermomètre au renouvellement.

580 voitures pour 1 000 habitants, dix de plus que la moyenne européenne

Rapporté à la population, le parc français compte 580 voitures pour 1 000 habitants, contre 570 en moyenne dans l’Union européenne selon l’ACEA. La France se tient au milieu du peloton, loin derrière l’Italie et ses 701 voitures pour 1 000 habitants, très au-dessus de la Lettonie et ses 418. L’Allemagne, à 591, est plus motorisée que nous.

Sur l’âge, la France s’en sort mieux que la moyenne : 11,5 ans contre 12,7 ans pour l’ensemble des voitures européennes, un écart d’un peu plus d’un an qui vient surtout des pays d’Europe centrale et de la Grèce, où le parc dépasse dix-sept ans. Les 256 millions de voitures qui roulent dans l’Union font du parc français le troisième du continent, derrière l’Allemagne et l’Italie.

Le parc grossit alors que les ventes de voitures neuves reculent

Les immatriculations de voitures neuves sont tombées à 1,665 million sur un an, en baisse de 5,2 %, et le parc gagne quand même 0,4 %. Chaque voiture reste simplement plus longtemps sur la route. L’occasion tourne à 5,534 millions de transactions annuelles, soit 77 % des achats de voitures particulières, un peu plus de trois voitures d’occasion vendues pour une neuve.

Ce parc grossit, mais il roule moins. Le kilométrage annuel moyen s’établit à 11 600 km par voiture et recule de 1,0 % sur un an, prolongeant une baisse de 10 % mesurée sur une quinzaine d’années. Le total des distances parcourues diminue lui aussi, de 0,3 %, alors même qu’il y a davantage de voitures pour les parcourir.

Questions fréquentes sur le nombre de voitures en France

Combien y a-t-il de voitures pour un habitant ? Une voiture particulière pour 1,7 habitant, soit 580 pour 1 000 habitants.

Pourquoi lit-on parfois 52 millions de voitures en France ? C’est le nombre de certificats d’immatriculation actifs, dont environ 13 millions correspondent à des véhicules qui ne roulent plus mais n’ont jamais été radiés.

Combien de voitures électriques circulent en France ? 1,4 million, soit 3,5 % du parc. En ajoutant les hybrides rechargeables, on arrive à 5,5 %.

Le parc compte-t-il les véhicules de société ? Oui. Les professionnels détiennent 8,4 % des voitures en circulation, une part qui monte à près d’un tiers dans les Hauts-de-Seine.

Quel département compte le plus de voitures ? Le Nord, avec environ 1,4 million de voitures, devant Paris et les Bouches-du-Rhône.

Un parc qui grossit par le bas

Le parc français s’étire plus qu’il ne se renouvelle. Il gagne environ 160 000 voitures par an alors que les ventes de neuf reculent, il vieillit de quelques mois chaque année, et chaque voiture roule un peu moins loin. Les motorisations récentes montent vite en part de marché et lentement en part de parc : 40 millions d’unités qui absorbent 1,7 million de voitures neuves mettent des décennies à changer de visage. Un point d’électrique gagné dans le parc, ce sont 400 000 voitures de plus à brancher sur le réseau de recharge ouvert au public.

Ce qui rend le chiffre glissant tient à ce qu’on décide de compter. Trois comptages tournent en parallèle : les séries du parc et de la circulation tenues par le SDES, l’équipement des ménages relevé par l’INSEE département par département, et le fichier des cartes grises, qui suit sa propre logique. Selon celui qu’on interroge, la France compte 52, 40 ou 36,6 millions de voitures, et les trois réponses sont exactes. Un assureur, un garagiste et un préfet de zone à faibles émissions ne comptent pas la même flotte.